Rencontre avec… Adrien Parlange

Comme les enfants qui peuplent ses livres, Adrien Parlange est l’un de ces esprits curieux et aventureux. Il étudie d’abord le graphisme à l’école Olivier de Serres à Paris, puis l’illustration aux Arts décoratifs de Strasbourg. Et enfin la somme des deux au Royal College of Art à Londres ! Intéressé depuis toujours par l’image imprimée, Adrien écrit et illustre aujourd’hui tous ses albums, nés de cette même envie de « jouer avec tout ce que l’objet livre permet. J’essaie d’adapter ma technique à chaque livre, en fonction de ce qui lui convient le mieux. C’est l’image qui précède presque toujours le texte. » Avec, à chaque fois, des contraintes formelles très fortes qui deviennent les règles d’un jeu nouveau.

Pour son dernier album, L’enfant chasseur (éditions Albin Michel Jeunesse), Adrien a imaginé un récit délicat et poétique : l’histoire d’un petit garçon, parti à la recherche d’un enfant chasseur vivant seul dans la forêt. Certains éléments convoquent nos souvenirs de lecture : « J’aime beaucoup Peter Pan et Little Nemo. L’idée de l’irruption de l’étrange dans le confort et la sécurité d’une chambre d’enfant me plaît beaucoup. » Mais la surprise vient ici surtout de l’image, qui a finalement guidé le récit et renferme nombre de secrets. « Au départ, il y a l’envie de faire apparaître un dessin qui serait le fruit de deux autres dessins figuratifs. » Résultat : le livre se construit à travers un ensemble de formes épurées, « comme un décor de théâtre que l’on visiterait sans les comédiens ». Mais on le parcourt avec un calque qui, en se superposant sur chaque illustration, révèle comme par magie d’autres formes cachées dans l’illustration. « Il m’a semblé naturel que cette image matrice, dessinée sur le calque, soit celle du personnage principal avec qui l’on parcourt le récit. Cela ajoute aussi à l’ambiguïté du livre. » Tout cela ne serait-il finalement qu’un doux rêve ?