5 dessins animés inspirés des cultures précolombiennes

5 dessins animés inspirés des cultures précolombiennes

L’archéologie, c’est parfois un peu trop sérieux. Alors, pour faire écho à notre numéro de janvier consacré aux peuples anciens d’Amérique latine, DADA vous propose ici un autre regard. Et quoi de mieux que le cinéma d’animation pour les (re)découvrir différemment ! Voici 5 dessins animés dont les trames narratives s’appuient sur ces cultures précolombiennes – Incas, Mayas, Aztèques – pour régaler toute la famille !

Kuzco, l’empereur mégalo

Ce nom vous dit vaguement quelque chose ? Ce n’est pas un hasard : c’est une discrète pépite d’un des plus grands studios d’animation, Disney ! Sorti en l’an 2000, le film a connu bien des aventures au cours de sa réalisation.

En 1994, quelques animateurs du studio ont envie de faire un film sur les cultures précolombiennes, comme ils l’avaient fait sur la mythologie grecque avec Hercule. Ils s’envolent pour le Pérou, visitant les vestiges incas et s’imprégnant de l’atmosphère générale. L’histoire est centrée sur un personnage nommé Kuzco, un roi inca du 15e siècle, égoïste et avide de pouvoir, sans aucune considération pour le peuple qui l’entoure. Très agaçant, il finit par s’attirer les foudres de sa conseillère Yzma, qui tente de l’empoisonner. Il se retrouve ainsi transformé en lama et échoue au milieu de la forêt. Perdu, il s’appuie sur un de ses sujets – dont il comptait d’ailleurs détruire le village pour se construire une maison de vacances – pour reconquérir son trône.

L’avis de DADA

Avec son humour décapant et son rythme entrainant, le film pioche ici et là dans l’esthétique inca : temple et objets en or sont fréquents, et tous les motifs, sur les murs ou les vêtements, évoquent ce système d’écriture si particulier qu’aujourd’hui encore on peine à déchiffrer. On y trouve même de discrètes références à des pratiques qu’on attribue à ces civilisations précolombiennes, comme le sacrifice humain. Mais ne vous y trompez pas : Kuzco l’empereur mégalo est avant tout un divertissement. Un régal pour les yeux et les oreilles que toute la famille pourra apprécier !

La route d’Eldorado

C’est sous l’étendard Dreamworks, l’autre grand studio d’animation américain, que sort en l’an 2000 cette comédie inspirée de la conquête espagnole du début du 16e siècle.

Kezako, l’Eldorado ? Originaire de Bogotà (dans l’actuelle Colombie), la légende évoque l’existence d’une immense cité aztèque où l’or serait si abondant qu’il recouvrirait aussi bien le peuple que les bâtiments. Évidemment, ce conte atteint l’Europe et fait miroiter d’immenses richesses aux conquistadors. Tulio et Miguel, deux jeunes Espagnols avides d’aventures (et d’argent !) obtiennent ce qui semble être une carte du pays mythique. Ils embarquent alors – tout à fait clandestinement – sur un navire en direction du nouveau monde. Après moult péripéties, ils échouent sur les rives d’un étrange pays isolé… où on les prend pour des dieux !

L’avis de DADA

Dans ce film, l’accent est surtout mis sur la beauté de la forêt amazonienne et de l’architecture aztèque. Végétation resplendissante, chutes d’eau à tomber, bâtiments richement orné… un rêve ! Destiné à un jeune public, on ne sera qu’à moitié surpris par l’inexistence d’une barrière de la langue alors que ces deux peuples sont censés se rencontrer pour la première fois. On saluera néanmoins les références à de véritables traditions de la culture aztèque (détaillées dans le DADA sur le sujet), comme le jeu de balle. Une comédie légère qui fera rire petits et grands !

Les mystérieuses Cités d’or

« Aaaahahaha, Esteban, Zia, Tao, les Cités d’oooor ! » Ça y est, vous l’avez dans la tête ? Cette série animée des années 1980, issue d’une collaboration franco-japonaise, a bercé l’enfance de plusieurs générations.

Au milieu du 16e siècle, trois enfants se rencontrent lors d’une traversée rocambolesque de l’océan Atlantique sous l’égide du marin Mendoza. Esteban est un jeune orphelin inca ayant grandi à Barcelone. Zia, une jeune Inca enlevée de son pays d’origine et élevée à la cour royale.  Zao, lui, est un descendant du légendaire empire Mu d’Amérique du sud (équivalent de l’Atlantide). Ensemble, ils recherchent les Cités d’or, auxquelles semblent être liés les protagonistes par un médaillon en forme de soleil. Fuyant l’armée espagnole, ils découvrent des vaisseaux à la technologie antique et extraordinaire, des peuples aux traditions étranges, et de splendides paysages au cœur de l’Amazonie et des chaines montagneuses.

L’avis de DADA

Voilà une plongée dans l’histoire de la conquête espagnole. Attention : violence, pillage, destruction culturelle et avidité sont au rendez-vous. Et c’est tant mieux ! Car cette histoire a aussi sa face sombre, et en parler permet aussi de mieux comprendre les conflits qui traversent les sociétés sud-américaines aujourd’hui encore. Les personnages principaux, mêlant enfants et figures parentales, permettent au jeune public de s’identifier et de s’immerger dans ces folles aventures. Un dessin-animé presque documentaire sur les cultures précolombiennes, saupoudré d’un peu de magie et de mystères au cœur de ces civilisations du Soleil…

Tintin et le temple du Soleil

On ne le présente plus et pourtant, rares sont ceux à connaître toutes les aventures animés du célèbre Tintin. Ce film sorti en 1969 condense deux bandes dessinées de la série d’Hergé : Les Sept Boules de cristal et Le Temple du Soleil.

Le topo ? Une malédiction frappe des savants et collectionneurs s’étant intéressés de près à la momie d’un roi inca dérobée de son tombeau. Toute l’équipe, de Milou jusqu’aux Dupont et Dupond, décide de se rendre au Pérou pour élucider le mystère et mettre un terme à l’hécatombe. Cette fois-ci, nous atterrissons dans une Amérique du sud contemporaine, avec un peuple majoritairement hispanophone. Les cultures précolombiennes – particulièrement incas – transparaissent plutôt dans les coutumes des habitants : croyances, festivités et costumes. Enfin… jusqu’à la rencontre avec leurs descendants directs !

L’avis de DADA

S’il peut être intéressant à regarder, ce dessin animé est très inscrit dans son époque, et on regrette aujourd’hui un certain nombre de biais raciaux dans la manière dont les peuples sud-américains sont dépeints. C’est presque un témoignage du regard porté par les sociétés occidentales sur les peuples dits primitifs. Il n’en reste pas moins un classique pour les adeptes, qui lui préfèreront tout de même les livres d’origine !

Coco

Voilà l’un des derniers chefs-d’œuvre du célèbre studio d’animation Pixar. Sorti en 2017, il nous plonge dans un village du Mexique d’aujourd’hui, alors qu’il s’apprête à célébrer le Jour des morts.

« El dia de los muertos » est l’un des plus beaux exemples de la fusion entre deux cultures. Évoqués dans le DADA sur les cultures précolombiennes, les rites de célébration des défunts avec l’exposition de crânes décorés existaient bien avant l’arrivée des Espagnols. La tradition contemporaine, mélange de la Toussaint chrétienne et de l’Halloween américain, emprunte toujours ces codes décoratifs. C’est alors que la fête bat son plein que Miguel, le jeune héros du film, se retrouve propulsé dans le monde des esprits comme punition pour son affront à l’un d’eux. Avec l’aide de ces ancêtres il tentera de reconquérir le monde des vivants.

L’avis de DADA

Dans ce film, les cultures anciennes se ressentent plus à travers l’héritage décoratif, avec les crânes et les motifs dits « aztèques » présents en grand nombre. L’entrée du monde des esprits évoquent également un temple précolombien. Mais c’est surtout un hommage au Mexique, avec ses grandes figures comme Frida Kahlo, sa musique, ses couleurs et son esprit familial. L’histoire, très touchante, amène à réfléchir et relativiser le cycle de la vie.

Depuis octobre 2020, le musée du Quai Branly propose de s’immerger dans les cultures précolombiennes avec une exposition exceptionnelle. Plus d’informations ici.


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