Le Rouge et ses 6 accords colorés

Le Rouge et ses 6 accords colorés

Dans le numéro de la revue consacré au Rouge, DADA dresse un petit musée de cette couleur dans l’art. Si elle peut vivre parfaitement pour elle-même, elle est souvent présentée en contraste avec d’autres teintes pour créer des compositions fortes et parfois très symboliques. Complémentaire, chaud-froid, camaïeu… Revenons ensemble sur 6 des couleurs les plus régulièrement utilisées pour un parfait accord coloré !

Rouge et noir · Rouge et rose · Rouge et bleu · Rouge et vert · Rouge et blanc · Rouge et orange


Rouge et noir, le duo poétique

C’est l’un des contrastes colorés les plus forts. Si fort qu’il trouve même une voix en littérature et en chanson. Car ces deux couleurs incarnent des émotions puissantes.

Le noir est présent dans notre quotidien : c’est la couleur de la nuit, des ténèbres, de l’absence de cette lumière qui nous est chère. Pour nous humains qui ne voyons que grâce au Soleil, il est synonyme de désorientation, de perte de repères, et parfois même de véritable terreur. Alors que le rouge a la force de la vie, du feu… mais aussi de la violence et du sang. Et comme toute chose inquiétante, elle a aussi un côté envoûtant.

Dans une œuvre utilisant cette combinaison, les nuances de noir isolent les teintes écarlates de manière quasi théâtrale, révélant ainsi toute leur puissance séductrice. Alors, prêt à exiler votre peur ?

Rouge et rose, le camaïeu du pouvoir

Il paraîtrait que les roses sont rouges. Saviez-vous que dans un passé pas si lointain, le terme « rose » ne désignait pas de couleur distincte ?

Cette teinte, que nous identifions aujourd’hui très bien, fut longtemps considérée comme une « simple » nuance de rouge. Comme on l’évoque dans notre numéro dédié, ce dernier était notamment la couleur du pouvoir, de l’apparat monarchique. Ainsi, dans les portraits royaux des siècles précédents, à côté du chef de famille et d’état bordé de pourpre, il n’était pas rare d’y trouver un ou deux petits princes tout vêtus… de rose ! C’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle cette couleur fut, un temps, associée aux petits garçons.

Aujourd’hui, ce camaïeu incarne plutôt la féminité et l’amour. Et dans 100 ans, quelle sera sa signification ?

Rouge et bleu, la croisade colorée

Voilà un duo qu’on ne croise pas si souvent mais qui porte derrière lui un sacré bagage ! Après des siècles sur la plus haute marche du podium, le rouge se retrouve soudainement détrôné, au milieu du 12e siècle, par l’ascension inattendue d’une couleur alors discrète : le bleu.

Celui-ci gagne peu à peu la monarchie, les milieux aisés et la religion, surtout dans les représentations de la Vierge. Elle qui jusqu’ici était le plus souvent vêtue de noir pour incarner son deuil, commence à revêtir un manteau bleu, dont la couleur froide ne l’éloigne pas trop de sa tristesse, mais la rapproche du ciel. À partir du 14e siècle, le rouge reprend une part du marché : il recouvre désormais la robe de la madone – comme chez la Vierge à l’Enfant de Léonard de Vinci – et symbolise en même temps son lien avec le monde humain par le sang.

C’est ainsi qu’entre ciel et terre, cette guerre des couleurs trouva un point final, et une nouvelle symbolique picturale.

Rouge et vert, c’est élémentaire

Le vert est, en langage technique, la couleur « complémentaire » du rouge, car dans le cercle chromatique, les deux teintes sont à l’opposé l’une de l’autre.

Dans l’imaginaire collectif des populations occidentales, leur accord évoque souvent les fêtes de fin d’année. Sûrement car le vert est la couleur de notre arbre à décorer préféré, tandis que le rouge évoque le fameux Père Noël stylisé par la compagnie Coca-Cola au début du 20e siècle. Ce sont aussi, avec le jaune et l’orange, les couleurs de l’automne. En parallèle, cette combinaison est présente dans de nombreux drapeaux. En général, le rouge représente le sang du peuple versé pour la liberté tandis que le vert évoque le lien de la nation avec la nature. Dans notre quotidien, le duo est omniprésent à travers par exemple les feux de circulation, le premier incarnant le danger et le second la sécurité.

Ces symboliques multiples se retrouvent souvent dans l’art. Voilà deux couleurs qui s’opposent autant qu’elles se rejoignent !

Rouge et blanc, la révolte écarlate

Dans la symbolique occidentale, le blanc est l’exact opposé du noir. Il incarne l’éblouissement de la lumière, la pureté voire l’innocence.

Le terme « immaculé » évoque d’ailleurs un blanc sans tâche, et est synonyme d’une grande vertu dans la religion chrétienne. Alors, quand une touche écarlate s’installe sur un fond laiteux, cela crée tout de suite un choc. Ce contraste dépouille le rouge de sa chaleur rassurante et lui insuffle plutôt une certaine violence. A fortiori, une tâche blanche sur un fond carmin crée une présence rassurante, une lueur d’espoir. Ce duo est récurrent dans l’art engagé politiquement, à la fois pour lier la lutte du peuple dans la conquête du bien comme chez les soviétiques, ou alors pour dénoncer des violences et/ou des injustices.

Une rencontre éclatante pour mettre l’art au service d’une bonne cause. On s’engage ?

Rouge et orange, soleil flamboyant

On l’évoquait dans notre « duo poétique », le rouge est régulièrement rapproché du flamboiement du feu.

En réalité, une flamme peut arborer bien des couleurs en fonction de son origine – bleu, blanc, vert ou autre – mais celle qui nous est la plus familière résulte de la combustion du charbon de bois et porte des teintes rouge-orangé. Ainsi, cette combinaison de couleur confère généralement une apparence ardente à l’image. On la retrouve beaucoup dans des ciels embrasés, soit par un inquiétant incendie, soit par un magnifique levé de soleil. Ce dégradé de teintes – car elles se suivent dans le cercle chromatique – est du coup bien ambivalent, et nous aurons fréquemment besoin d’un contexte pour confirmer notre impression.

C’est en tout cas un duo vif et plein de chaleur créant des compositions vibrantes et très agréables à notre œil !

Envie d’en savoir plus sur cette couleur ?