10 films sur des femmes artistes : Frida Kahlo, Margaret Keane, Coco Chanel...

10 films sur des femmes artistes : Frida Kahlo, Margaret Keane, Coco Chanel…

Longtemps oubliées dans l’histoire de l’art, les femmes artistes inspirent aujourd’hui nombre de cinéastes. Avant-gardistes, anticonformistes, elles apparaissent à l’écran comme des figures d’émancipation. Leurs destins, souvent hors du commun, ne cessent de nous fasciner. Et si l’on (re)découvrait ces artistes femmes qui ont conquis le 7e art ?

1. Gerda Wegener dans The Danish girl, de Tom Hooper

Son nom ne vous dit peut-être rien… pourtant Gerda Wegener, née Gottlieb, est une grande artiste peintre. D’origine danoise, elle connaît le succès dans les années 1900, avec ses portraits de femmes magnifiées. Parmi ses muses ? Son amie la ballerine Ulla Poulsen mais aussi son mari, le peintre Einar Wegener ! Rencontré sur les bancs de l’Académie des Beaux-arts de Copenhague où elle suit l’enseignement réservé aux femmes, il devient son modèle préféré. Travesti en femme pour les besoins de ses toiles, Einar Wegener se transforme alors en Lili Elbe : une métamorphose qui ira bien au-delà de la peinture puisqu’elle sera la première femme transgenre de l’histoire.

Bouleversé par la vie de ce couple avant-gardiste, le cinéaste Tom Hooper réalise en 2015 The Danish Girl. On y découvre le portrait d’une artiste unique mais surtout d’une femme engagée, qui lutta sa vie entière contre toutes les formes de sexisme et de discrimination. Soulevant dans son travail la question de la féminité et de la beauté mais surtout de l’identité et du genre, elle reste, aujourd’hui encore, d’une incroyable modernité. Gerda Wegener est interprétée par Alicia Vikander.

2. Paula Modersohn Becker dans Paula, de Christian Schwochow 

Les femmes ne sont pas faites pour la peinture ? Impensable pour Paula Becker dont c’est le premier amour ! Née en 1876, l’artiste allemande intègre à 20 ans les cours de l’école de dessin et de peinture de l’association des femmes artistes et amateurs d’art. Elle rencontre Otto Modersohn, peintre lui aussi, qu’elle épouse. Mais son besoin de s’émanciper la pousse quatre ans plus tard à quitter Brême pour Paris. Si les sujets qu’elle peint sont caractéristiques de son époque (autoportraits, paysages, natures mortes…), sa manière de les traiter est, quant à elle, totalement novatrice. 

En 2016, le réalisateur allemand Christian Schwochow retrace dans le film Paula son bref mais lumineux parcours. Il y dresse le portrait d’une femme forte dont l’art, expressif et sensible, défie toutes les conventions. En s’écartant de l’académisme qu’on lui enseigne, Paula Modersohn-Becker trouve son style et s’affiche en femme libre et en précurseur de l’art moderne. Elle est d’ailleurs la première femme à réaliser son autoportrait à demi-nu, brisant tous les tabous. Paula Modersohn-Becker est interprétée par Carla Juri.

3. Margaret Doris Hawkins dans Big eyes, de Tim Burton

Attention, on nous observe ! Connue pour ses portraits d’enfants et d’animaux aux yeux surdimensionnés, Margaret Doris Hawkins l’est aussi pour son incroyable histoire. Dans les années 1960, cette peintre américaine rencontre un vif succès populaire et révolutionne le commerce de l’art. Pourtant, ce n’est pas elle qui signe ses toiles, mais bien son mari Walter Keane. Voyant l’attrait du public pour les tableaux de sa femme, ce dernier s’approprie pendant des années son travail. Une entreprise lucrative qui rapportera au couple des millions de dollars tant son œuvre séduit. Après un procès retentissant, Margaret Keane obtint définitivement la propriété intellectuelle de ses œuvres. À plus de 90 ans, elle signe désormais ses toiles « MDH Keane ». 

En 2014, le réalisateur Tim Burton s’empare de l’histoire des époux, mettant en lumière l’une des plus grandes impostures de l’art contemporain. Dressant le portrait d’un mari abusif, il n’en questionne pas moins la supercherie. Sans sa personnalité charismatique, l’œuvre de Margaret Keane aurait-elle rencontré le même succès ? Margaret Doris Hawkins est interprétée par Amy Adams.

4. Coco Chanel dans Coco avant Chanel, d’Anne Fontaine

On ne la présente plus et pourtant… Qui était vraiment Coco Chanel ? Née Gabrielle Chasnel, elle apprend jeune le métier de couturière mais refuse bien vite l’anonymat. Passionnée de mode, elle commence son apprentissage à Paris en 1909, puis ouvre sa première boutique un an plus tard, Chanel Modes, avec l’aide de son ami Etienne Balsan et son amant Arthur Capell. Ses créations avant-gardistes, très sobres, contrastent avec celles que portent les élégantes de l’époque. Adieu les plumes et les froufrous volumineux, Gabrielle Chasnel prône un art de la sobriété et de l’épure. S’en suit une deuxième boutique puis une troisième qui sera aussi maison de couture. Raccourcir les jupes, supprimer la taille et le corset… Chanel veut d’abord libérer le corps de la femme.

Réalisé en 2009, le film d’Anne Fontaine se penche sur les années de formation de Coco Chanel ou comment une jeune fille d’origine modeste va devenir, grâce à son talent et sa personnalité hors du commun, un symbole de liberté et l’une plus grande couturière de l’histoire. Réalisé en 2009, un autre film de Jan KounenCoco Chanel et Igor Stravinsky, relate la liaison passionnée de ces deux créateurs de génie. Coco Chanel est interprétée par Audrey Tautou (Anne Fontaine) et Anna Mouglalis (Jan Kounen).

5. Frida Kahlo dans Frida, de Julie Taymor

Viva Mexico ! Viva Frida Kahlo ! Amoureuse de ses terres, l’artiste n’a jamais cessé de s’en inspirer pour ses peintures. Se rêvant d’abord médecin, son destin bascule lors d’un accident de bus qui la paralyse durant des mois. Comment s’occuper ? En peignant bien sûr ! Des autoportraits d’abord, témoignant de sa souffrance, puis d’autres tableaux et dessins. Son univers fait de passion, de nature sauvage, d’animaux et de révolution interpelle. D’autant que ce qui émane de ses toiles est finalement toujours plein de force et de vie. Serrée dans ses corsets médicaux, Frida s’émancipe pourtant de tous les carcans : militante féministe, avant-gardiste, muse, elle a vécu sa vie avec pour seule ambition d’être libre. 

Réalisé en 2003 par Julie Taymor, ce biopic retrace l’existence mouvementée de la plus célèbre artiste peintre mexicaine. De sa vie d’étudiante à sa renommée internationale en passant par sa relation avec le peintre Diego Rivera, le film dresse le portrait d’une femme de caractère et de conviction. Frida Kahlo est interprétée par Salma Hayek.

6. Séraphine Louis dans Séraphine, de Martin Provost

Des bouquets de fleurs, des arbres, des fruits… Dans l’art de Séraphine de Senlis, la nature est omniprésente. Née en 1864, Séraphine Louis travaille comme bergère puis comme domestique dans des familles bourgeoises. Pour s’évader, elle occupe son temps libre à peindre à la bougie des tableaux lumineux et colorés qui séduisent le collectionneur d’art Wilhelm Uhde, premier acheteur de Picasso et découvreur du Douanier Rousseau. Grâce à lui, elle peint des œuvres plus monumentales et accède à la notoriété. Mais avec la Grande dépression, Séraphine perd le soutien de son mécène et sombre peu à peu dans la folie. 

Séduit par son histoire, le réalisateur Martin Provost réalise en 2008 le film Séraphine. On y découvre le parcours de cette artiste autodidacte guidée par la foi et qui trouva son salut dans la peinture. La rencontre inattendue et bouleversante du marchand d’art d’avant-garde et de cette femme visionnaire y est mis en lumière. Séraphine Louis est interprétée par Yolande Moreau.

7. O-Ei Katsushika dans Miss Hokusai, de Keichii Hara

La vague Hokusai a depuis longtemps déferlé sur le monde. Mais connaissez-vous la fille de ce grand maître de l’époque Edo ? Dans son atelier, il réalise avec l’une de ses quatre filles, O-Ei Katsushika, nombre de ses œuvres. Éprise de liberté, la jeune femme née en 1800 fréquente les milieux masculins qui lui sont normalement interdits et s’adonne à son art avec passion. Si l’on ignore encore beaucoup de choses à son sujet, une poignée d’estampes signées de sa main témoignent de son génie.

Réalisé en 2015, ce film d’animation de Keichii Hara s’intéresse au parcours de la fille du plus célèbre peintre japonais, Hokusai. Perfectionnant sa technique dans l’atelier de son père, O-Ei Katsushika l’aide à ses propres réalisations. Combien ont été peintes de sa main ? Nul ne le sait mais son talent ne fait, lui, aucun doute. Le film nous plonge ainsi dans l’art des estampes japonaises dans cette biographie romancée d’une artiste au coup de pinceau exceptionnel.

8. Maud Lewis dans Maudie, de Aisling Walsh

Très connue au Canada pour sa peinture naïve, Maud Dowley Lewis l’est bien moins de ce côté de l’Atlantique ! Née en 1903, la jeune fille apprend l’aquarelle grâce à sa mère et réalise des cartes de Noël qu’elle vend dans la région. Son handicap ne bride en rien sa frénésie créatrice et elle rencontre peu à peu le succès. Son mari Everett Lewis la soutient et lui achète d’ailleurs ses premières peintures à l’huile. Dans ses petites toiles, l’artiste s’attache à représenter des scènes de vie quotidienne et des compositions florales qu’elle magnifie avec la couleur. Elle ne les mélange d’ailleurs jamais entre elles. Souvent à la maison, l’artiste va jusqu’à transformer en toile et galerie d’art leur minuscule demeure, en faisant une œuvre d’art totale !

Dans son film Maudie, la réalisatrice irlandaise Aisling Walsh se penche sur la vie de cette artiste canadienne pleine de ressources. Malgré des débuts modestes et son handicap, l’artiste a su construire une œuvre d’envergure, chaleureuse et colorée. Romancée, on suit ici le parcours atypique d’une femme passionnée par son art. Maud Lewis est interprétée par Sally Hawkins.

9. Camille Claudel, de Bruno Nuytten

Passionnée et obstinée, sans doute. Car Camille Claudel le sait depuis son plus jeune âge, elle veut devenir sculptrice ! Entrer aux Beaux-arts de Paris ? Impossible à l’époque pour une femme. Elle prend alors des cours privés avec le soutien de son père et du sculpteur Alfred Boucher qui lui reconnaît déjà un don exceptionnel. De fait, sous ses doigts, la terre et le marbre prennent vie instantanément. Quelle expressivité ! Sa rencontre avec le sculpteur Auguste Rodin s’avère par la suite déterminante. Entre eux, la complicité artistique est évidente et leur art se nourrit mutuellement. De leur passion dévorante, Camille Claudel en ressort néanmoins brisée.

Sorti en 1988, le film de Bruno Nuytten retrace la vie de la sculptrice Camille Claudel avec une grande exactitude. Le cinéaste a pu accéder à de nombreuses archives et moules originaux de l’artiste, qui ont ensuite pu être reproduit avec fidélité. On plonge ainsi à corps perdu dans son art et sa passion dévorante pour le maître Auguste Rodin, tous deux indissociables. Camille Claudel est interprétée par Isabelle Adjani.

10. Artemisia Gentileschi dans Artemisia, de Agnès Merlet

Artemisia Lomi Gentileschi serait-elle la première peintre baroque ? Née en 1593, l’artiste italienne a de qui tenir ! Son père, ancien disciple du Caravage, lui enseigne vite la rigueur du dessin. Il lui transmet aussi le goût du clair-obscur, qui influence sa peinture dès son plus âge. Son talent impressionne et elle devient la première femme à être admise à l’Académie de dessin de Florence, habituellement réservée aux hommes. À Naples, les commanditaires lui permettent d’accéder aux genres les plus nobles : les scènes religieuses et historiques. Un fait rarissime pour l’époque ! Elle s’impose ainsi avec son art et embrasse une carrière à succès malgré les réticences et les interdits.

En 1997, la réalisatrice Agnès Merlet s’intéresse au destin romanesque de l’artiste, oubliée pendant plusieurs siècles avant que son œuvre ne soit redécouverte au XXe siècle. On y découvre notamment sa volonté farouche de peindre les nus masculins, un exercice interdit aux femmes par le Pape. Artemisia Gentileschi est interprétée par Valentina Cervi.

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